Echos des J47 dans les ACF

Événements, Hebdo Blog 43

« Pas de deux, faire couple ? »

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Samedi 12 septembre, les ACF Aquitania et Midi-Pyrénées s’étaient donné rendez-vous à la Chambre des Métiers d’Agen pour reprendre, sous le sceau de l’amitié, leur cheminement vers les J45, situées à l’horizon de cette rentrée studieuse et gaie à la fois. La matinée, structurée par un intercartel, réunissait des travaux issus de cartels des deux ACF à partir d’une recherche proposée en ces termes : « Pas de deux, faire couple ? »

Autrement dit, si le couple signifie « deux », qu’est ce qui fait tenir le lien entre ces deux là ? Qu’est ce qui fait tenir la « danse » du couple ? Portés par le thème des journées de l’ECF à venir : « Faire couple – Liaisons inconscientes », les produits des cartels ont tenté de cerner le moment de la rencontre amoureuse et la façon dont l’inconscient y prend sa part.

Des discussions avec une salle très mobilisée sont venues scander le temps où ces couples issus du cinéma, de l’art, de la littérature et de la mythologie ont déployé leurs arabesques nuancées. Nuancé, le mot fit mouche en début d’après midi au cours de la séquence où Michèle Elbaz et Danièle Lacadée-Labro, AE en exercice, commentaient chacune une citation de Lacan portant sur le couple. Il nous fut rappelé à cette occasion que le Docteur Lacan abandonnât les formules logiques pour passer à la topologie au cours de laquelle il introduisit la couleur des ronds. Grâce à cela, il y a le jeu borroméen des couleurs qui permet donc tout un camaïeu de nuances que la logique ne permet pas. « […] dans le sexe, il n’y a rien de plus que, dirai-je, l’être de la couleur […] il peut y avoir femme couleur d’homme, ou homme couleur de femme »[1]. Cette assertion étonnante s’est éclairée, un peu, au cours de la conversation à laquelle prirent part aussi Rodolphe Adam, Marie-Agnès Macaire, Alain Merlet, Patrick Monribot, et Francis Ratier. La conférence de Christiane. Alberti, directrice des Journées 45, est venue clore ce parcours intense. Elle rappelait qu’être en couple est un signifiant maître de notre époque, désir des uns tout seuls, il remédie à la solitude. À l’intérieur d’une famille, on cherche à se référer au deux. L’amitié, la relation privilégiée sont des modes de couple. Mais si, dans cet engouement pour le deux, le couple oppose une résistance à la masse, à la bande, il répond aussi du programme du sujet et de la contingence de la rencontre qui mettent le feu à un signifiant déjà là. Le couple ne peut durer que sur cette base fantasmatique. Surprise : on ne séduit jamais que par son symptôme. Ainsi le symptôme fonctionne là comme moyen de séduction ! La dimension politique de cette conférence ne fût pas oubliée. Quelle est la raison sérieuse du « grand nombre » visé par les prochaines Journées de l’ECF, association reconnue d’utilité publique ? Un discours fondé sur la psychanalyse pourrait-il empêcher les folies du racisme, cristalliser et avoir un effet dissolvant ?

[1] Lacan, J., Le Séminaire, livre XXIII, Le sinthome, Paris, Seuil, 2005, p. 116.

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