Le récent colloque Uforca s’est intéressé aux modalités contemporaines de la rencontre amoureuse lorsque celle-ci est médiée par les nouvelles technologies. Cette journée dédiée aux Rencontres à portée de clic nous a ainsi initiés à de nouveaux usages autant qu’aux nouveaux symptômes qui éclosent au XXIe siècle. Pour ce numéro spécial après coup, nous avons demandé à des collègues présentes à l’événement de nous livrer leur point de capiton.
Or, ce qui émerge des textes réunis ici est qu’ils confinent tous à la question de la pulsion de mort. Et, en effet, n’est-il pas saisissant de remarquer combien nous passons nos vies derrière nos écrans ? Une jouissance en sourd, et sa pente mortifère est criante. Lacan, dans son second Séminaire, nous indiquait déjà combien la machine est, de structure, en tant que « monde symbolique1 » fait de 0 et de 1, l’index de la pulsion de mort. Sa tendance à l’homéostasie et à l’inertie fraye le chemin au psychanalyste pour l’exploration de l’au-delà du principe de plaisir2.
Ce numéro de l’Hebdo-blog aborde ainsi la question de la rencontre in real life après un échange digitalisé, ou comment la présence des corps in vivo semble induire un in mortuo numérique. Il s’intéresse également à la portée pulsionnelle d’une certaine frénésie actuelle du clic et nous ouvre, enfin, à la terrible possibilité des échanges post-mortem que nous promettent certains Chatbots.
Élise Etchamendy
1. Lacan J., Le Séminaire, livre II, Le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1978, p. 63. Voir aussi, p. 95 : « La machine incarne l’activité symbolique la plus radicale chez l’homme ».
2. Cf. ibid., p. 71‑82.

