Une PUBLICATION de l'ECF, des ACF et des CPCT

Édito, Nouvelle Série, L'Hebdo-Blog 191

Éditorial : User de la parole

image_pdfimage_print

C’est dans le mouvement du TGV Paris-Toulouse que se déposent ces quelques sillons tracés par la puissante « Question d’École » 2020. Vous trouverez dans ce numéro spécial confectionné tambours battants, des extraits de textes qui ont été exposés samedi lors de « Question d’École », mais aussi des surprises suscitées dans la hâte et attrapées au vol !

Dans « Fonction et champ », en 1953, Lacan indiquait : « Ce que je cherche dans la parole, c’est la réponse de l’autre »[1], c’est un fait que ce pouvoir initial conféré à l’Autre, supposé savoir, est le germe du transfert.

Il y a donc un temps de la cure où il s’agit de faire surgir la puissance de la parole pour que s’instaure le « il était une fois » de l’hystoire à venir.

Dans les plis du récit où gitent les malentendus, a chance de se produire cette étonnante métamorphose de la personne au sujet, du sujet au parlêtre, jusqu’aux confins de la lettre, pour certains.

Parole vide, parole pleine, apparole et autres blabla [2], il fut aussi question du silence lors de cette question d’École. Un silence d’une qualité spéciale, pas seulement le « se taire » de la rétention mais bien plutôt un espace. Espace conquis dans la surprise et la déprise, que l’analyste peut louer à un autre pour lequel il soutient, par éclipse, « la voix de personne »[3], autre nom du désir de l’analyste.

C’est bien la question du vidage de la parole qui a traversé la journée, révélant au lieu de la parole pleine, non la parole vide, mais un vide fondamental au creux de la parole. Vide dont la parole des AE est venue serrer les contours. Que reste-t-il de la puissance de la parole après une cure ? Une parole évidée, d’où s’origine un style une fois « traversé l’effritement de [sa] puissance »[4].

De la cure au contrôle en passant par le cartel, parfois jusqu’à la passe, nous avons soumis, tel que l’a vigoureusement souligné Laurent Dupont, « nos piliers à la question »[5]. Nous repartons avec du savoir et des trous, nous rappelant avec Lacan que « la parole, même à l’extrême de son usure, garde sa valeur de tessère »[6].

[1] Lacan J., « Fonction et champs de la parole et du langage en psychanalyse », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 299.

[2] Cf. Miller J.-A., « Le monologue de l’apparole », La Cause freudienne, n°34, octobre 1996, p. 7-18.

[3] Laurent É., intervention lors de la journée « Question d’École » du 1er février 2020, inédit.

[4] Horne V., intervention lors de la journée « Question d’École » du 1er février 2020, inédit.

[5] Dupont L., intervention lors de la journée « Question d’École » du 1er février 2020, inédit.

[6] Lacan J., « Fonction et champs de la parole et du langage en psychanalyse », op. cit., p. 251.

Articles associés

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer