« Tu ne me vois pas d’où je te regarde.1 »
Thérèse rêvant de Balthus comme couverture du Séminaire L’Objet de la psychanalyse est un choix qui va à contre-courant de ce qui se dit actuellement sur la sexualité féminine. À quoi rêvent les jeunes filles ? se demandait une féministe française. Elles ont acquis des droits qui leur étaient refusés du seul fait de leur sexe. N’en sont-elles pas comblées ?
« Voilà Les Ménines2 », interprète Lacan. Thérèse rêvant nous donne à voir que la jouissance reste opaque. Car dans le secret des cabinets se joue une subtile musique polyphonique, celle où la demande fait place à la solitude des jouissances. Un sujet y rencontre combien son corps a été marqué par des expériences de jouissance, plaisantes ou déplaisantes, et comment il y a répondu. Assurément, le discours analytique permet au sujet de sortir de l’Hilflosigkeit propre au Moi qui se prend pour le maître en sa demeure. En cela, ce discours est subversif et c’est bien là sa place.
Solenne Leblanc
1. Lacan J., Le Séminaire, livre XIII, L’Objet de la psychanalyse, texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil & Le Champ freudien, 2026, p. 329.
2. Ibid., p. 331.

