Le prochain congrès de l’Association mondiale de psychanalyse nous conduit à l’étude d’un axiome lacanien d’une brûlante actualité : « Il n’y a pas de rapport sexuel ». L’époque contemporaine assiste, en effet, à la promotion du narcissisme de l’Un-tout-seul et, concomitamment, à la montée au zénith de l’objet a. Exit l’amour – comme l’avait annoncé Lacan1 – et l’objet se retrouve désormais sur le devant de la scène. Ce qui prime, c’est la quête d’un rapport parfait entre l’individu et l’objet de sa satisfaction, creusant un peu plus l’éloignement généralisé entre les sexes.
Les discours du capitalisme et de la science concourent à cette production intensive, voire boulimique, d’objets en tous genres, véritables ersatz de jouissance. Les gadgets numériques sont, de ce point de vue, autant de « lathouses », comme les nommait Lacan, qui ne dissimulent pas leur affinité avec la fonction de déchet. L’objet plus-de-jouir s’avère agalmatique pour une face, aussi bien que palea pour l’autre, suscitant à l’occasion le désir de celui qui s’y rapporte.
Notre époque dévoile au grand jour qu’au-delà du lien à l’Autre et au partenaire amoureux, les parlêtres se rencontrent par le prisme de leur fantasme et, surtout, d’un objet de jouissance privilégié, qui n’est pas toujours si propre ni si beau.
Alors pour en savoir plus sur la bifidité de cet objet à « valeur de semblant face au non-rapport2 », vous pouvez lire ce numéro d’Hebdo-Blog… et le Scilicet !
Élise Etchamendy & Mathieu Siriot
1 Cf. Lacan J., Je parle aux murs, Paris, Seuil, 2011, p. 96.
2 Dupont L., « Le fantasme et au-delà », Ironik !, n°23, avril 2017, publication en ligne.

