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A la une, Hebdo Blog 108

Une garantie, pour qui ?

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Lors de la dernière journée dite « Question d’Ecole », Jacques-Alain Miller a souligné les relations entre discours du maître et discours de l’analyste, qui sont au cœur de ce que nous appelons « garantie ». On avait pu relever en effet le paradoxe d’une Ecole qui soutient avec Lacan qu’il n’y a pas de garantie dans l’Autre et que l’analyste est seul dans son acte, et qui, avec le même Lacan, propose de garantir la pratique de ceux qui s’orientent de son enseignement. Quelle garantie donc, et envers qui ?

La discussion de cette journée a permis à Jacques-Alain Miller de préciser que la garantie de l’Ecole répond d’abord au souci de ceux qui s’adressent aux analystes, leurs demandent une analyse, et sont en droit de savoir de quoi ils s’autorisent ; mais qu’elle répond aussi au souci des pouvoirs publics, volontiers avides de diplômes, de normes et d’évaluation, mais malgré tout en charge de l’intérêt général.
L’analyste ne s’autorise que de lui-même, et de quelques autres…C’est de ces quelques autres que la garantie de l’Ecole est l’expression. D’où l’accent mis par notre commission, ces dernières années, sur la pratique du contrôle, épreuve dans laquelle l’analyste établit une distanciation à l’égard du colloque singulier qui le lie à son analysant, en en référant à un tiers. D’où l’intérêt porté aussi à la présence des analystes dans le monde, la part qu’ils prennent aux préoccupations de leur époque et aux questions qui agitent leurs contemporains. Ni ghetto, ni neutralité confortable, ni extra-territorialité. Le confort n’est pas de mise, mais plutôt l’immersion de chacun dans son temps.
Entre discours du maître et discours de la psychanalyse, il y a donc à supposer une possible dialectique. Il ne peut (donc) s’agir que d’une tension, car les deux ne sont pas seulement séparés par un quart de tour, soit le battement d’un nouvel amour… : chacun est l’envers de l’autre. Or on ne sert bien qu’un seul maître à la fois, c’est le cas de le dire…Nous sommes donc attendus pour faire preuve de l’habileté d’une dentelière, qui danserait une valse à deux temps sur un fil tendu sur l’abîme : Oh ! Joie.

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