Numero 135

Événements, Hebdo Blog 123

Un enseignement de praticiens aujourd’hui

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« L’École de la Cause freudienne enseigne. (…) Tous les soirs, toutes les semaines, toute l’année. »

Jeudi 19 octobre 2017, au Local de l’École de la Cause freudienne relooké et équipé High tech, Francesca Biagi Chaï campait le décor de l’enseignement qu’elle donnera durant 7 séances tout au long de l’année, sous le titre : « L’ordinaire de la psychose et son extraordinaire et retour ».
Elle nous propose de suivre les premiers pas de Jacques Lacan vers le réel, dans sa rencontre avec Aimée, qu’elle isolera en particulier dans le chapitre « Examen clinique du cas Aimée » dans la thèse de Lacan.(1) 
La lalangue, le parlêtre et la forclusion généralisée seront articulés en logique dans le continuum de la jouissance à partir du dernier enseignement de Lacan, lorsqu’il situera le signifiant au niveau de la substance jouissante.
Jacques-Alain Miller parlera « d’affects somatiques de lalangue »(2) pour indiquer la commune origine de l’inconscient et la pulsion. « En ce sens, l’inconscient et le corps parlant sont un seul et même réel. »(3) Lacan va faire de l’inconscient la façon dont le petit d’homme a été imprégné par la lalangue, le tissu de la langue.
Le corps se constitue à partir de la frappe de la lalangue sur l’organisme, précisera Francesca Biagi Chaï, qui ne se jouit « que de le corporiser de façon signifiante. »(4) Comme l’indique Lacan, nous pouvons entendre dans les dires du patient une continuité : « (…) c’est dans la façon dont la langue a été parlée et aussi entendue pour tel ou tel dans sa particularité, que quelque chose ensuite ressortira en rêves, en toutes sortes de trébuchements (…) »(5)
L’instinct choit au profit de la pulsion. Il n’y a pas d’adéquation entre la langue et le corps, pour le dire autrement pas de rapport sexuel, pas d’Autre de l’Autre mais il y a, au par un une logique, une continuité entre le choc initial, la faille et les modalités de réponse à ce trou.
Il y a jouissance du vivant, du sens, pas de désir non connecté à la pulsion, le symptôme en est une marque.
À ce trou forclusif, chacun doit trouver une modalité de réparation, un habillage, une signification. Il peut alors localiser ce trou dans l’autre, comme un point supposé possible à trouver, point qui viendra le loger sous la forme de l’objet qu’il est pour l’autre. La signification phallique viendra alors lester le trou : le manque vient à paraître dans cette logique comme une construction, un semblant.
Pour des parlêtres non pris dans cette logique de substitution, qui n’ont pu formuler d’être un objet pour l’autre, d’autres solutions sont possibles. Des SA privilégiés, une image peuvent avoir une valeur d’objet à travers lesquels le sujet va réaliser une suppléance, une sublimation.
La psychose ordinaire permet de traiter la jouissance dans un continuum avec la dimension forclusive ; d’apercevoir la structure de la faille à partir de ce qui tient, des indices « un trou, une déviation ou une déconnexion qui se perpétue. »(6)

Alors, comment s’orienter de la clinique ? Qu’est-ce qu’écouter ? Nous nous laissons guider par Francesca Biagi Chai qui nous rend sensible la position de Lacan dans son dialogue avec Aimée : il ne s’intéresse ni au vécu, ni à l’énoncé, selon les critiques de Jean Allouch(7), mais s’arrête sur les points de butée dans l’énonciation d’Aimée ; il en fait le tour mettant « le réel au sein du discours » selon la continuité de la jouissance.

Nous allons nous enseigner c’est sûr, tous les soirs, toutes les semaines, toute l’année, à l’École de la Cause freudienne.

1 Lacan J., De la psychose paranoïaque dans ses rapports à la personnalité, Paris, Seuil.

2 Miller J.-A., « Habeas corpus », La Cause freudienne, n° 94, Paris, Navarin, octobre 2016, p. 168.

3 Miller J.-A., Ibid., p. 167.

4 Lacan J., Le Séminaire, Livre XX, Encore, Paris, Seuil, p. 26.

5 Lacan J., « Conférence à Genève sur le symptôme », La Cause du désir, Paris, Navarin, n° 95, avril 2017, p. 12.

6 Miller J.-A., « Effet retour sur la psychose ordinaire »,  Quarto, no 94-95, École de la Cause freudienne, janvier 2009, p. 49.

7 Allouch J., Marguerite ou l’Aimée de Lacan, Paris, Epels Éditions, 1994.

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