Spécial CPCT sur l'urgence subjective

Événements, Hebdo Blog 02

Aux confins du vivant – De la science à la psychanalyse

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En direct de l’ACF-Normandie, Letterina , n°63

Les nouvelles technologies font voler en éclat l’ordre naturel au profit de nouvelles prérogatives, décisions incombant au sujet donnant l’allure d’un étrange choix, d’une possibilité de contrôle de sa part sur le vivant : droit de procréer selon différentes méthodes offertes par la science pour des formes de familles de plus en plus disparates, droit de mourir… Entre la naissance et la mort, le sujet est ainsi appelé à décider lui-même, non sans angoisse, ce qu’il n’a peut-être parfois nulle envie de décider à partir de techniques qu’il ne contrôle pas, jouant à son égard le même rôle que celui jadis dévolu à la nature ou à Dieu. La science qui parfois nous tire de mauvais pas est aussi capable de nous plonger dans des situations qu’elle est seule à pouvoir produire !

Le droit évolue en fonction de ces mutations et se doit de répondre aux revendications des citoyens au risque de ne pas tenir compte de l’impossible au nom d’un pour tous ! Que se passe-t-il quand les désirs deviennent des droits ? Les désirs entrent en collision avec la jouissance. Ils ont un objet, non pas objet cause, mais à obtenir, objet monté au zénith du ciel contemporain…

Comment mettre à jour notre pratique quand s’accroît ce que Freud appelait le « malaise dans la culture » et que Lacan déchiffrait comme les impasses de la civilisation ? Comment tenir compte de l’enseignement de Lacan ? Comment à notre époque qui revendique l’égalité des droits pour tous, en termes d’avoir, introduire la singularité, le consentement à la non-équivalence pour qu’advienne un sujet plus vivant que jamais ? La psychanalyse nous enseigne que le langage chez le parlêtre vient trouer le réel et c’est de cette fonction du trou que le langage opère sa prise sur le réel.

C’est le travail de cette étroite articulation entre certains mots issus de la langue et l’énigme du corps, aux confins du vivant, que nous présentent les auteurs du numéro 63 de la revue Letterina de l’ACF-Normandie. Si Letterina demeure inchangée dans ses objectifs, sa présentation a évolué. En effet, la couverture est dotée désormais d’une image minérale colorée, un caillou suspendu, matière à la fois dense et légère qui n’est pas sans rappeler, par ses strates, les falaises normandes. La revue a adopté un format plus large afin de faciliter la lecture avec une marge à droite confortable pour d’éventuelles annotations dans un graphisme sobre, élégant ; un document de travail qui, nous l’espérons, saura trouver sa place parmi les publications du Champ Freudien.

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