Critique du consensus
En 1917, Freud proposait une analyse des difficultés que rencontrait la psychanalyse à être acceptée, notamment par le monde scientifique1. Il plaçait la découverte de l’inconscient à la suite de celle de Copernic et de Darwin, comme vexation ou encore blessure narcissique. Avec l’inconscient, le moi n’était plus maître en sa demeure. L’Homme chutait d’une position privilégiée. Une partie de la vie psychique se déroulait sur une autre scène. Imaginaire, le moi devenait relatif2. En 1905, puis plus tard en 1916, Einstein proposa les théories de la relativité restreinte et générale. Deux conceptions du temps et de l’espace qui firent chuter les absolus de la perception tels que les hommes les avaient pensés jusque-là. La vérité apportée par les sens, l’évidence elle-même chutait. Malgré un engouement populaire, une partie du monde scientifique, notamment allemand, n’acceptait toujours pas la théorie. Ainsi en 1931, un ouvrage collectif parut en Allemagne : « Cent auteurs contre Einstein3 ». La réponse que fit Einstein donne une idée de son éthique quant à la question du consensus. Il écrivit en effet dans un journal national une réponse à ces cent scientifiques et autres professeurs, tous d’accord entre eux contre la relativité : « S’ils avaient eu raison, un seul aurait suffi !4 »...
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