L'Hebdo-Blog 412

Édito

La citation issue de la « Proposition du 9 octobre… » est bien connue : « Notre avenir de marchés communs trouvera sa balance d’une extension de plus en plus dure des procès de ségrégation.1 » Lacan souligne là combien l’avènement des individualismes et particularismes que nous connaissons aujourd’hui est en réalité largement favorisé par le capitalisme – avec la montée au zénith de l’objet – et, plus avant, par la science. L’enjeu de ce texte est la construction d’une nouvelle École, différente de l’International Psychoanalytic Association (IPA), laquelle repose sur des piliers peu solides : la co-existence de ses membres, c’est-à-dire une intersubjectivité réduite à a–a’ qui se paie, pour soutenir cette société des frères, d’une exclusion (excommunication) de certains autres, soit d’une ségrégation. C’est le désir de l’analyste qui doit faire la boussole d’un membre d’une école de psychanalyse, et non l’identification à l’analyste. La première version de cette « Proposition du 9 octobre… » recèle ainsi une indication précieuse : il s’agira d’être à la hauteur des « devoirs impliqués2 »dans un tel désir. C’est donc la responsabilité de l’analyste qui est ici mise en avant, plutôt que le père idéal. De ce point de vue, les missions d’accueil et de solidarité qui échoient à l’École, selon Lacan, ne...

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A propos de l'artiste

Olivier Aubry

« Imaginer le Japon c'est une façon de le connaître. » Chris Marker Perçu exclusivement à partir de la description verbale que sa complice Tomomi Yano lui en fait, le Japon d’Olivier Aubry est un imaginaire, un voyage : en nous-mêmes, dans un au-delà fascinant, aussi lointain, étrange et étranger que proche et familier. Eh oui, Aubry donne raison à Marker : imaginer, c'est connaître. Accéder à un savoir indicible, sauf par cette poésie chromatique qui documente les multiples couches de nos émotions et fige dans une vibration continue tout à la fois la caresse du temps qui passe, la force du vivant et la gesticulation de nos ombres derrière notre lumière. Voilà l'émerveillement auquel ces puissants faux monochromes nous invitent. Thierry Dupas. 2025

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