Edito : « il y a des mots qui portent …»

 

 

« il y a des mots qui portent …» [1]

« Le Maître à qui revient l’oracle, celui de Delphes, ne parle ni ne cache, mais fait signe » [2]. Ce trait d’Héraclite est un des quelques fragments qui diffusent encore de nos jours leur obscure clarté depuis l’ancien monde de la Grèce classique. Plutarque, qui rapporte cette parole prononcée plus de cinq siècles avant lui, a été longtemps prêtre du temple d’Apollon, à Delphes. Il a tenté pendant plusieurs décennies de restaurer l’importance politique que ce sanctuaire avait perdue au fil des siècles. Mais dans l’antiquité Romaine, Apollon n’était plus celui qui commandait, il était le maître d’hier. Son surnom, « Loxias » – qui signifie « l’Oblique » – renvoie directement à ses formulations équivoques. Revenait à celui qui consultait l’oracle de les interpréter. C’est cette voie qu’indique Lacan, l’interprétation analytique doit rester du même niveau que « le tranchant de l’énonciation de l’oracle » [3].

Les mots qui portent, soutiennent, ou blessent, tracent tôt leur marque. En donnant une signification au petit d’homme qui choit dans le monde, le désir de la mère l’interprète et leste son sentiment d’existence. Ce désir sera interprété à son tour par l’intervention de ce qui l’amène à désirer ailleurs qu’au lieu de son enfant. Ce deuxième détour par la métaphore arrimera ce sujet au langage. D’être interprété puis interprétant donnera au sujet le goût du sens, jusqu’à devenir addict de ce moyen de se défendre contre le réel. Mais cette voie du sens est aussi celle qui peut installer le sujet dans l’expérience analytique, par goût du déchiffrage. Elle a donc toute sa valeur. Inventé par Freud pour la traduction des rêves, puis étendu aux autres formations de l’inconscient, ce déchiffrage fait l’interprétation traduction. Cette possibilité d’interprétation de la parole de l’Autre est nécessaire pour l’analyse.

L’interprétation lacanienne indique l’impossible et singulièrement le non-rapport sexuel, « elle lit ce-qui-ne-peut-pas-se-dire » [4]. L’analyste pointe le réel. Par le signe, il touche au plus près du référent qu’est le réel, à l’envers du sens. Lacan trouvera dans son dernier enseignement comment forcer l’accès à un au-delà du sens, pour ne pas arrêter l’interprétation dès la découverte du « sens sexuel de ce message chiffré inconscient » [5]. Il fera équivaloir l’interprétation à l’acte de la coupure.

L’envers [6] de l’interprétation traduction sera donc l’interprétation asémantique. Ce que dit l’analyste fait coupure en jouant sur la matière sonore équivoque. La fonction poétique permet ce forçage propre à faire résonner autre chose que le sens. Elle « révèle que le langage n’est pas signification, mais résonance, et met en valeur la matière qui, dans le son, excède le sens » [7]. Pierre Malengreau explore cette voie avec précision, nous conduisant à lire Lacan avec le poète et écrivain Francis Ponge. Son recours à la réson permet de « passer d’une pratique orientée vers le réel à une pratique orientée par le réel » [8], où « les mots qui portent » [9] résonnent avec la façon dont se nouent pour chacun la parole et le corps, la chair et le verbe, pour faire jouissance.

Philippe Giovanelli

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[1] Lacan J., « Le phénomène lacanien », Conférence prononcée au centre universitaire méditerranéen de Nice, le 30 novembre 1974, texte établi par J.-A. Miller, tiré à part des Cahiers cliniques de Nice, n°1, juin 1998, p. 17. Voir également Essaim, n°35, 2015/2, p. 143-158 consultable sur https://www.cairn.info/revue-essaim-2015-2-page-143.htm?try_download=1#no1

[2] Munier R., Les Fragments d’Héraclite, Saint-Clément, Fata Morgana, 2021, p. 59.

[3] Lacan J., Le Séminaire, livre XVIII, D’un discours qui ne serait pas du semblant, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 2006, p. 13.

[4] Miller J.-A., « Le mot qui blesse », La Cause freudienne, n°72, novembre 2009, p. 136.

[5] Cf. ibid., p. 135.

[6] Cf. Miller J.-A., « L’interprétation à l’envers », La Cause freudienne, n°32, janvier 1996, p. 9-13.

[7] Laurent É., « L’interprétation : de l’écoute à l’écrit », La Cause du désir, n°108, juillet 2021, p. 59.

[8] Malengreau P., L’interprétation à l’œuvre. Lire Lacan avec Ponge, Bruxelles, La Lettre volée, 2017, p. 112.

[9] Lacan J., « Le phénomène lacanien », op. cit., p. 17.




« Interpréter motériellement »

 

La règle fondamentale offre à la parole de l’analysant un espace inédit de liberté. Il suffit cependant de le laisser parler assez longtemps pour constater qu’il dit non seulement toujours la même chose, mais qu’il le dit aussi toujours de la même façon et avec la même ferveur. Quelque chose se répète « de l’ordre d’une inertie, d’une polarisation, d’une orientation » [1] à laquelle Lacan donne à l’occasion « le nom de jouissance » [2].

On peut raisonnablement penser que cette polarisation tient aux signifiants que l’analysant a reçus et au sens qu’ils ont dans la langue qu’il parle. Il est cependant évident que cela ne suffit pas. Le bain de langage dans lequel il baigne dès avant sa naissance est aussi un bain de langue. Lacan le qualifie de « “lalangue” qui mérite d’être appelée, à juste titre, maternelle » [3]. Ce bain de langue véhicule un certain nombre de choses qui concernent notamment la manière dont il a été investi et désiré ou non. Le sujet en analyse parle de lui à partir de la place qui lui a été assignée. Il parle de lui d’une manière qu’on pourrait dire orale, anale, scopique ou invoquante.

La séance analytique s’avère être, au fil d’une analyse, le lieu d’une tension constante entre ce qui ne cesse pas de se créer du fait de la parole et ce qui ramène cette parole dans les mêmes sillons. Et il est légitime de se demander s’il est possible d’introduire « du nouveau » [4] dans cette conjoncture.

Une formule récente d’éric Laurent apporte un éclairage précieux sur cette question : « Extraire des dits nouveaux sur la jouissance suppose de pouvoir interpréter motériellement. » [5] Le terme de motérialisme inventé par Lacan désigne « la façon dont lalangue a été parlé et aussi entendu pour tel ou tel dans sa particularité » [6]. L’accent est mis ici sur la face réelle du signifiant. Il est mis sur ce qui se joue au joint de la matière sonore ou visuelle des mots et de l’impact que certains bouts de lalangue ont eu sur le corps.

La formule interpréter motériellement invite à concevoir et à pratiquer un usage du signifiant qui soit susceptible de toucher ce qui se joue de réel dans la parole elle-même. Cet usage que Lacan qualifie d’« extrême » [7] implique que soit rompue la parenté presque naturelle que la parole entretient avec le sens. Pour obtenir un effet de sens qui rejoindrait le réel, il faut aller « beaucoup plus loin que la parole » [8], prendre distance par rapport à elle et trouver dans cet intervalle de quoi faire jouer une interprétation [9].

Les mots que nous utilisons en parlant sont habituellement articulés les uns aux autres. Cette articulation confère à chacun d’eux un indéniable effet de suggestion [10]. Lacan soutient que c’est précisément cette « logique articulée » [11] du signifiant « qu’il nous faudrait surmonter » [12]. Se distancer de la parole veut dire alors toucher à la logique de contiguïté, de continuité ou de relation, qui articule les mots les uns aux autres, et ramener l’effet de suggestion du signifiant à son « fondement premier » [13]. Ce qui porte cet effet, ce n’est pas l’assise qu’un signifiant reçoit de son immersion dans une chaîne de signifiants. Ce qui le porte, c’est sa motérialité et partant l’écho qu’elle continue à offrir aux bouts de lalangue qui ont eu un impact sur le corps. L’intervalle qui peut s’ouvrir au sein de la parole elle-même, entre ce qu’elle dit et la matérialité réelle qui la supporte, se présente alors comme une opportunité dont une interprétation peut se saisir.

Pierre Malengreau

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[1] Lacan J., « Conférence à la Columbia University », Scilicet, n°6/7, Paris, Seuil, p. 44.

[2] Lacan J., Je parle aux murs, Paris, Seuil, 2011, p. 29.

[3] Lacan J., « Conférence à la Columbia University », op. cit., p. 47.

[4] Miller J.-A., … du nouveau ! Introduction au Séminaire V de Lacan, Paris, ECF, 2000, p. 10.

[5] Laurent É., « Rire des normes », La Cause du désir, n°110, mars 2022, p. 97.

[6] Lacan J., « Conférence à Genève sur le symptôme », La Cause du désir, n°95, avril 2017, p. 12.

[7] Lacan J., « L’insu que sait de l’une bévue s’aile à mourre », Ornicar ? n°17/18, printemps 1979, p. 23.

[8] Lacan J., « R.S.I. », Ornicar ?, n°4, rentrée 1975, p. 96

[9] Lacan J., « Radiophonie », Autres écrits, Paris, Seuil, 2006, p. 428.

[10] Miller J.-A., « L’orientation lacanienne. Le tout dernier Lacan », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l’université de Paris 8, cours du 14 mars 2007, inédit.

[11] Lacan J., « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre », op. cit., p. 16.

[12] Ibid.

[13] Laurent É., « Le traitement psychanalytique », in Miller J.-A. (s/dir.), La Conversation clinique, Paris, Le Champ freudien, 2020, p. 52.




S’adresser à la belle

 

L’analyste interprète

Au début de la cure il peut être utile d’introduire l’analysant au discours analytique. Les interprétations sont alors une façon « d’exposer » le savoir de l’analyste, de faire la preuve qu’il sait entendre et lire le discours de l’analysant, ce qui l’institue en tant que sujet-supposé-savoir. Cela est proche de ce que Freud appelait attendre l’instauration du transfert pour commencer à interpréter. Il est question de l’investissement libidinal dans la relation analytique. Mais Lacan prend dans le Séminaire XI le contre-pied de cette affirmation et fait remarquer que le transfert en tant qu’obstacle est plutôt du côté de la fermeture de l’inconscient. Cet obstacle consiste plus précisément à faire appel à la « partie saine du sujet » [1] pour analyser le transfert, le « résoudre », alors que, justement, « c’est elle qui ferme la porte ». Mais « Il n’y a pas de résistance de la part du sujet » [2], nous dit Lacan ; « la belle avec qui on veut parler est là derrière, qui ne demande qu’à les rouvrir, les volets. C’est bien pour ça que c’est à ce moment que l’interprétation devient décisive, car c’est à la belle qu’on a à s’adresser » [3]. Il n’y a donc de résistance que de l’analyste [4], et si celui-ci au contraire « en appelle à la réouverture du volet », le discours de l’Autre qu’est l’inconscient, peut se réaliser. L’inconscient n’est « pas au-delà de la fermeture, il est au dehors » nous indique Lacan. Il a une position extime, comme l’objet a, ou bien pour le dire comme Freud il est « une terre étrangère à l’intérieur de soi » [5].

L’inconscient interprète [6]

Si c’est l’inconscient qui interprète, alors cela peut être l’absence d’interprétation de l’analyste, un non-savoir mis en action, qui permet à l’interprétation de l’analysant de se produire. C’est en quelque sorte une non-interprétation qui produit alors l’interprétation. Cela peut être un simple silence, un geste… Cette absence de signifiants est propice, pour l’analyste, à se faire semblant d’objet a, c’est-à-dire une négativité active qui suscite une réponse de l’inconscient.

C’est ce qui s’est passé pour Anna qui laisse échapper un matin à son mari « si tu pars, ce soir je ne serai plus là ». Elle ne comprend pas ce que cela signifie, ni pourquoi elle l’a dit. C’est une phrase qui lui est étrangère. C’est un S1 sans S2 et aussi bien un S1 sans sujet. L’entourage et le médecin l’entendent comme une envie suicidaire ou bien de séparation. Mais Anna récuse ces interprétations : elle n’a aucune envie de mourir ni de se séparer de son mari. C’est une énigme. Alors qu’elle habite maintenant loin, elle se décide à retourner voir l’analyste. Celui-ci souligne l’importance de la phrase : il n’est pas possible de faire comme si elle ne l’avait pas prononcée, mais n’en interprète pas le sens. Anna repart contrariée : alors qu’elle venait trouver un apaisement, elle repart angoissée. Mais sur le retour un souvenir lui revient : celui d’un avortement traumatisant, qu’elle avait affronté seule, où elle était restée longuement en suspens, fascinée, devant le haricot contenant l’œuf expulsé. « La mort était rentrée en moi ». À la séance suivante, elle a retrouvé son entrain et fait de cet épisode la cause de sa dépression. C’est son inconscient qui aura interprété le « ce soir je ne serai plus là » d’une façon inattendue, en le rattachant à l’épisode refoulé.

 Jérôme Lecaux

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[1] Lacan J., Le Séminaire, livre XI, Les Quatre Concepts fondamentaux de la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1973, p. 119.

[2] Lacan J., Le Séminaire, livre II, Le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, texte établi par J.-A. Miller, Paris, Seuil, 1978, p. 266 : « Il n’y a pas de résistance de la part du sujet. ».

[3] Lacan J., Le Séminaire, livre XI, Les Quatre Concepts fondamentaux de la psychanalyse, op. cit., p. 119.

[4] Cf. Lacan J., Le Séminaire, livre II, Le Moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse, op. cit., p. 267 : « Il n’y a qu’une seule résistance, c’est la résistance de l’analyste. L’analyste résiste quand il ne comprend pas à quoi il a affaire. »

[5] Cf. Freud S., « XXXIᵉ Conférence. La décomposition de la personnalité psychique », Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse, Paris, Folio essais Gallimard, 1989, p.80. Traduction par l’auteur de : « das Verdrängte ist aber für das Ich Ausland, inneres Ausland ». C’est à proprement parler du « refoulé » dont il s’agit.

[6] Miller J.-A., « L’interprétation à l’envers », La Cause freudienne, nº32, février 1996, p. 10.




CHRONIQUE DU MALAISE : Le désir du psychanalyste et son rapport à l’écriture

 

En 1973, Lacan adresse une lettre à ses élèves italiens [1] où il leur propose de composer leur groupe en se recrutant à partir de l’expérience de la passe, eux-mêmes faisant fonction de passeurs. Il y précise ce qu’il entend par l’autorisation particulière que permet une psychanalyse : « Pas-tout être à parler ne saurait s’autoriser à faire un analyste. […] Seul l’analyste, soit pas n’importe qui, ne s’autorise que de lui-même » [2].

Il distingue donc, dans le passage au psychanalyste, les sujets qui fonctionnent comme psychanalystes – ce qui ne rend que probable qu’il y ait du psychanalyste – et la question de l’ex-sistence du psychanalyste. Lacan évite soigneusement d’évoquer l’être psychanalyste. Il se tient à ce qu’il y ait du psychanalyste comme question.

Le savoir et l’écriture

L’autorisation qu’il isole repose sur un savoir. Un savoir obtenu de l’analyse au-delà de la plainte : « savoir que l’analyse, de la plainte, ne fait qu’utiliser la vérité » [3]. Au-delà de la plainte et des effets de vérité, se situe un savoir, « le savoir en jeu […] c’est qu’il n’y a pas de rapport sexuel, de rapport qui puisse se mettre en écriture » [4]. Cet impossible, ce Réel, permet de constituer une nouvelle dit-mension du savoir.

La torsion repose sur ce que cet impossible à écrire produit une floraison de petites lettres, celles que Lacan a dégagées. Ces lettres permettent de noter les péripéties, pour chacun, du désir et de la jouissance, au-delà des effets de vérité que permet le dégagement du fantasme et de son fonctionnement.

Écrire ce nouveau savoir suppose un sujet qui veuille le faire. C’est un désir nouveau dans l’histoire : se faire l’agent du discours du psychanalyste. C’est un désir qui n’existait pas avant l’expérience psychanalytique, car ce qui existe est « une humanité pour qui le savoir n’est pas fait puisqu’elle ne le désire pas » [5]. L’humanité, le pour-tout homme, ce que Lacan appellera ensuite LOM, ne veut pas savoir, elle veut continuer à rêver du bonheur. Il faut donc, pour que ce nouveau désir vienne au jour, qu’un sujet rompe avec le discours commun. « Il n’y a d’analyste qu’à ce que ce désir lui vienne, soit que déjà par là il soit le rebut de la dite (humanité). » [6] Ce que Lacan a d’abord appelé le désir du psychanalyste se précise avec le discours du psychanalyste. Il suppose qu’un sujet veuille venir en place d’agent.

Le scientifique et le psychanalyste

Ce sujet d’un désir nouveau suppose un sujet préalable, le scientifique, qui a déjà existé dans l’histoire. Il produit un savoir inédit par une opération particulière. « Le scientifique produit le savoir, du semblant de s’en faire le sujet » [7]. Lacan développe là sa réflexion sur l’histoire des sciences à partir, non pas de l’objet d’une science, mais du sujet qui se fait l’agent du discours. C’est ce qu’il avait déjà souligné dans « la science et la vérité » [8]. L’originalité du scientifique n’est pas l’objet de la science, mais sa position subjective de savant. Il est celui qui se fait responsable de l’avancée de la science.  

Le discours de la science ne se tient pas pour autant dans l’empyrée. Le savant plus que faire couple avec le politique, ou avec le maître, comme Max Weber le dénonçait [9], fait couple avec le discours de l’hystérie. Il répond à la demande de savoir que formule l’hystérique qui, elle ou lui, ne se fonde que sur la passion de la vérité. S’il faut faire quelques détours pour nouer les discours du savant et de l’hystérique, il est patent que Freud a extrait la position du discours de l’analyste de son lien avec les sujets hystériques. « Quoi qu’il en soit de ce que la science doit à la structure hystérique, le roman de Freud, ce sont ses amours avec la vérité » [10]. Le roman de Freud, c’est aussi bien son recours au mythe pour donner les cadres du savoir [11].

Ce dont l’analyste doit chuter, ce dont il lui faut se séparer, c’est de la dimension du roman et des significations qu’il incarne dans des personnages. Mais aussi de la dimension du mythe, « tentative de donner forme épique à ce qui s’opère de la structure » [12], pour s’en tenir aux lettres et vouloir s’en faire l’agent.

Le paradoxe du désir de l’analyste et de son désir de savoir est qu’il passe par l’affrontement avec « la cause de son horreur, de sa propre, à lui, détachée de celle de tous, horreur de savoir » [13]. Nous verrons dans notre prochaine chronique comment opère cette horreur propre dans son rapport à la lettre.

Éric Laurent

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[1] Cf. Lacan J., « Note italienne », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 307-311.

[2] Ibid., p. 308.

[3] Lacan J., « Note sur le choix des passeurs », mai 1974, inédit, disponible en ligne.

[4] Lacan J., « Note italienne », op. cit., p. 310.

[5] Ibid., p. 308.

[6] Ibid.

[7] Ibid., p. 307.

[8] Lacan J., « La science et la vérité », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 855.

[9] Cf. Weber M., Le Savant et le politique, Paris, 10/18, 1963. Également disponible en ligne.

[10] Lacan J., « Note italienne », op. cit., p. 309.

[11] Cf. Dumézil G., Du Mythe au Roman, Paris, PUF, Collection Quadrige, 1993. Publié aussi dans Cahiers pour l’Analyse, n°7, mars-avril 1967.

[12] Lacan J., « Télévision », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 532.

[13] Lacan J., « Note italienne », op. cit., p. 309.