Sous l’égide d’Ernesto

Après les tumultueux mois d’avril et mai, l’organisation des 47èmes Journées de l’École a été lancée avec l’affiche, l’argument et le blog des Journées qui viendra à la rencontre de ses lecteurs cette semaine sous la forme de sa newsletter. La bibliographie des journées suivra ainsi que, bientôt, l’appel aux travaux dans les salles multiples. Des équipes s’activent déjà depuis plusieurs semaines avec plus de cent personnes mobilisées à partir du désir de chacun d’offrir à L’École des journées qui soient à la hauteur du thème qu’elle s’est donnée cette année.

A l’heure où on voudrait faire accepter aux êtres parlants que tout pourrait s’apprendre, par le biais de protocoles, de tutoriels, de recommandations de bonnes pratiques, ou d’ « éducation thérapeutique », il ne serait pas négligeable de rappeler l’indication de la Divine Marguerite, par la bouche d’Ernesto, le personnage de La pluie d’été : que le sujet sait déjà et que ce savoir vient trouer le savoir qu’on essaie de lui faire ingurgiter. Accepter ce trou dans le savoir, que le savoir Inconscient suppose, le reconnaître, peut permettre à un sujet d’apprendre réellement à partir de ce qu’il sait et à partir de ce qu’il ne sait pas.

Apprendre : Jacques Lacan n’a pas cessé de nous donner des indications à partir de cette opération qui n’apparaît pas au premier plan au centre de l’expérience analytique. La parution de la bibliographie, formidablement parcourue par les équipes coordonnées par Michel Héraud, laissera apercevoir ce fait bientôt : les références à ce terme abondent dans son enseignement.

Si le sujet vient pour être soulagé de la souffrance présente dans ses symptômes, l’analyse l’amènera à parler de ce qui ne va pas et donnera par là une occasion au parlêtre de s’apprendre lui-même au delà de ce qu’il pourra cerner de sa jouissance. L’accès à ce savoir se paye d’un renoncement à la jouissance. Il faudra donc à ce niveau différencier savoir, connaissance et apprentissages, un des enjeux de ces Journées.

Alice Delarue, Omaïra Meseguer et Angèle Terrier, du comité de pilotage, ainsi que Laurent Dumoulin, maître d’œuvre auprès de Philippe Hellebois du blog des J47, lèvent un peu le voile sur ces joyeux préparatifs.




Let’s dance !

« C’est quoi cette histoire d’ours ? » Voilà ce que j’entends ces derniers temps, et qui témoigne de la réussite de l’affiche des 47e Journées de l’École de la Cause Freudienne, parvenant à faire suffisamment énigme pour donner ainsi à chacun envie d’en savoir plus.

Qu’il le nomme apéritif, before, meeting de campagne, cérémonie du thé, bande-annonce ou préliminaires, l’être parlant a su inventer de quoi transformer l’angoissante attente en réjouissance autre, avant l’heure. Les Journées de l’École elles aussi savent l’importance de faire monter la température, et parmi d’autres initiatives, le Journal des Journées vise, entre autres, à ce teasing.

Cet année, c’est un Malappris qui arrivera dans vos boites mails chaque semaine. N’ayez pas trop peur de ce « mal éduqué, grossier, goujat », comme peut le dépeindre le Larousse, il ne doit ses mauvaises manières qu’à être, comme chacun, fils du langage. Il est en ce sens Malappris de ne pas savoir à l’avance ce qu’apprendre pourrait vouloir dire. Ainsi, se fera-t-il chambre d’écho de ce que l’énigmatique titre de ces 47e fera résonner pour chacun des auteurs. La série de ses numéros proposera non pas « les Journées avant les Journées », mais une exploration de ce qui « fait danser les ours », de ce qui agite le parlêtre dans son rapport au savoir, au un par un.

Certaines rubriques du Journal étaient attendues : Écoles, Enfances, autant de royaumes des apprentissages. D’autre invitent à des détours, à être saisi autrement par le thème : La première fois, Les initiatrices, Savoirs Lunaires, Erotiques. Peut-être prendra-t-on Freud au sérieux, et découvrira-t-on que tout de l’apprentissage ne serait pas mathématiques et conjugaisons ?

En coulisses, l’équipe du blog s’active : nous sommes passés sans transition de la rediabolisation en express du Front National à d’autres enjeux :  débattre des couleurs du futur logo, solliciter les responsables de rubrique pour que les auteurs rentrent dans la danse, corriger et éditer les textes, partir à la pêche aux illustrations, composer les premiers bouquets … Les boites mails débordent, les Iphones vibrent tant et plus, les Macbooks surchauffent : ça y est nous y sommes, nous voilà once again ours dansants ! Dansants oui, mais sur les braises de notre désir, les seules valables.

Laurent Dupont avait malicieusement laissé à David Bowie le soin de conclure les Journées sur l’Objet Regard, celles qui avaient eu lieu. Après Ashes to ashes, il restait donc bien des braises sous les cendres. Alors, Let’s Dance !




“Apprendre, désir ou dressage”, c’est de la politique

La diffusion des Journées de l’ECF est un exercice de bien dire. Faire parvenir avec acuité, dans notre champ et bien au-delà, ce qui est pour la psychanalyse apprendre, c’est la manière dont nous orientons la politique de diffusion des Journées 47. Comme nous le savons, depuis quelques années, nos Journées sont un rendez-vous qui dépasse largement l’entre soi de l’École, ce qui sous-tend l’importance d’être à la hauteur de cette rencontre annuelle.

Pour être au rendez-vous une grande machinerie est à l’œuvre, elle se nourrit d’un savoir-faire qui se transmet depuis un certain nombre d’années. Constituer une grande équipe est nécessaire, solliciter les collègues dans tous les coins de France pour que chacun mette son grain de sel, son style, sa manière de dire, également. Les ACF cherchent, se mobilisent. Les activités préparatoires commencent à se programmer et attendent le toc, toc, toc du routeur chargé des flyers et des affiches qui rendent concret que nous sommes outillés pour faire circuler le thème de nos Journées.

Un travail de diffusion orienté par la politique de la psychanalyse implique de faire entendre que chacun est convié à faire sien le thème des Journées et en parler avec décision et inventivité. En trouvant une manière de bien dire le thème de travail de cette année, « Apprendre , désir ou dressage », les psychanalystes s’expriment dans la place publique, prennent position, ouvrent la possibilité à ce que le discours analytique résonne au sein des institutions, des lieux de la culture, des lieux éducatifs, dans chaque lieu où l’on parlera des Journées.

Transmettre au plus près de l’un par un le thème des Journées 47 de l’ECF participe à nous rendre « présents dans le champ politique » comme l’a indiqué Jacques-Alain Miller lors de sa récente intervention à Madrid. Présents en ouvrant grand les portes le 24 et le 25 novembre pour rendre audible au grand public qu’apprendre est, tel que l’indique l’argument des journées, « moins le résultat d’un savoir a-prendre dans l’Autre, que le fruit d’un renoncement coûteux, le coût de la jouissance, le coût de ce qu’il faut perdre pour en connaître un bout ». Nous tenir prêts à le faire entendre, est le pari d’une psychanalyse vivante.




Du côté des simultanées : le suspens

Du côté de la coordination des simultanées, le temps est au suspens…

L’appel à contribution des 47e journées de l’ECF sera lancé très prochainement, et la réception des arguments, au cours du mois qui suivra, ne manquera pas de venir interpréter, sous une forme inversée, le message contenu dans l’argument proposé par Virginie Leblanc et Fabian Fajnwaks, et les axes thématiques travaillés avec le comité scientifique – constitué d’Hélène Deltombe, Beatriz Gonzales-Renou, Philippe Lacadée, Pierre Naveau et Daniel Pasqualin.

Avons-nous suffisamment réussi à problématiser, dialectiser, les trois signifiants du titre au sein des neuf axes, afin qu’ils résonnent, dans l’inconscient des praticiens, avec le plus singulier de ce qu’ils ont eux-mêmes pu apprendre d’un cas ?

Sommes-nous parvenus à ouvrir, à tordre le thème, afin qu’en retour la clinique analytique lacanienne puisse s’exposer dans sa plus grande variété ?

Ces questions trouveront leur réponse à la lecture des arguments, qui contribueront ainsi de manière retroactive à faire la lumière sur l’objet des J47 – forcément pas  tout à fait encore dévoilé, pour les responsables eux-mêmes !

Les arguments, que nous espérons nombreux, constitueront donc une première boucle sur le thème, avant celle de la tenue des simultanées le samedi 25 novembre. Ce sera, enfin, la fin du suspens !




Bienvenue au Palais des congrès !

Ça y est l’aventure commence ! Sarah Abitbol a constitué son équipe : Mélanie Coustel pilote l’organisation de l’accueil, Pascale Rivals et Olivier Miani s’apprêtent à illuminer le Palais avec leur équipe de Lumières qui guideront les participants vers les salles multiples, et Isabelle Magne prépare cette grande fête de la psychanalyse en soignant tous les détails de la restauration et de l’hébergement. Chacun se hâte avec enthousiasme et détermination.

Une première réunion au Palais des congrès s’organise : quelle émotion de gravir les marches des escalators, de parcourir ces halls, ces couloirs, ces salles, de revoir cette vue magnifique sur Paris depuis la mezzanine qui fait face au bar Arlequin, d’entrer dans ce grand amphi vide aux 3700 fauteuils rouges et roses et de penser à cette foule qui remplira les lieux les 25 et 26 novembre prochain. Qu’il est stimulant d’inventer comment nous allons occuper l’espace, manipuler ces dimensions, choisir les couleurs que nous voulons donner à nos Journées. Quelles surprises allons-nous réserver aux inscrits ? Comment allons-nous soigner nos invités de la plénière du dimanche ? Comment s’appuyer sur l’expérience des Journées passées, sur tout ce qui fonctionne déjà si bien, sans céder à l’automaton, pour toujours inventer, s’amuser, et souffler sur les braises du désir ?

Tous les détails de l’organisation concourent à ce que les participants, attendus nombreux, se sentent accueillis chaleureusement et que l’atmosphère qui se dégage de cet évènement invite à la rencontre, suscite le désir d’échanger, afin que rayonne le transfert de travail si puissant au sein de notre Ecole. Avec cette belle invitation qu’est le thème des Journées, celles-ci constituent chaque année une grande réunion du champ psy d’orientation lacanienne.

On nous écrit des quatre coins de la France et même d’outre-Atlantique pour rejoindre les rangs de l’organisation, plus d’une centaine de personnes seront mobilisées, l’engagement de chacun pour la réussite de cet événement majeur est palpable. Et attention, ça ne fait que commencer !