Identités précaires au XIXème siècle, présence de l'analyste

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Une belle rencontre

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La New Lacanian School est l’une des sept École de l’AMP. La particularité de cette École est qu’elle est organisée en sociétés situées essentiellement dans différents pays et régions d’Europe, voire plus largement. La NLS est présente en Flandre, en Bulgarie, en Angleterre, en Irlande, en Suisse, en Pologne, en Russie, en Grèce, au Danemark, mais aussi au Canada, en Australie, aux USA et en Israël. Les langues officielles pratiquées sont l’anglais et le français.

Les Congrès ont à chaque fois été organisés dans les différents pays de la NLS, par l’une de ses sociétés. Cette année, le Congrès de la NLS a eu lieu à Paris. Paris, ville de Lacan, ville où Lacan a enseigné, a interprété Freud et l’a dépassé. Ce dépassement se lit dans le jump qu’il fait lorsque, comme le souligne Jacques-Alain Miller, il passe de Freud à Joyce, soit lorsqu’il passe de l’inconscient transférentiel de Freud qui pend appui sur le Nom-du-Père à l’Unbewusst qui le dépasse et s’en passe.
C’est ce jump que la NLS voulait mettre en évidence cette fois lors de ce Congrès. C’était le pari que voulait tenir sa présidente.
Son titre, « Autour de l’inconscient », et son sous-titre, « Place et interprétation des manifestations de l’inconscient dans les cures psychanalytiques », que Lilia Mahjoub a proposé, prolonge logiquement les travaux du dernier Congrès de l’AMP « L’inconscient et le corps parlant ». C’était son idée. Bonne idée. À cet égard, Jacques-Alain Miller lui faisait remarquer que le dernier Congrès de l’AMP avait beaucoup traité du corps dans les exposés, mais peu de l’inconscient.
Dans la conclusion de son argument, Lilia Mahjoub faisait valoir ceci : « Le titre retenu « Autour de l’inconscient » pointe-t-il ce trou autour duquel se produisent les formations de l’inconscient, lesquelles devraient varier au fur et à mesure de l’élaboration, de l’élucidation de l’inconscient ? Un rêve de début d’analyse ne devrait pas être du même ordre que celui d’une fin d’analyse. Dès lors, il s’agira d’interroger les formations de l’inconscient dans les cures analytiques ». Les intervenants à ce Congrès ont répondu à cette attente. Tous les AE spécialement, à leur façon, se sont approchés de ce trou, mettant en évidence, en quelques mots seulement, véritables tour de force, pressant le citron de leurs longues années d’analyse, l’os de leur analyse, soit le rêve, l’acte manqué, l’événement de corps, l’Unbewusst, véritable feu d’artifice de manifestations de l’inconscient qui leur a permis de reconstruire le point de capiton de leur parcours analytique.
Le Congrès fut une formidable leçon clinique que nous ont donnée tous les intervenants. Chacun, s’appuyant sur sa pratique, a tenté de répondre à la question de savoir que fait l’analysant, au cas par cas, de ses manifestations de son inconscient, et ce qu’en fait l’analyste.
Chaque séquence s’enchaînait l’une à l’autre par une scène cinématographique unique en son genre. C’était parfois à mourir de rire. Cela mettait de la légèreté dans l’air de la salle. Un véritable plaisir.
Ce congrès a été pensé dans le détail. L’accueil a été très convivial. Pas de couac. Des moments de rencontres permettaient que les membres de la NLS, habitant souvent à des milliers de kilomètres les uns des autres, de l’Australie au Canada, en passant par Israël et le Danemark, puissent se parler dans des chaleureux moments polyphoniques.
Quelques participants, membres de la NLS, m’ont écrit. Je ne résiste pas au plaisir de publier leurs quelques lignes.

Jean-Luc Monnier m’écrit ceci :
« Je connais la NLS depuis ses débuts et avant elle l’EEP-D, c’est toujours avec un immense plaisir que je vais à la rencontre des collègues des groupes et  des sociétés qui la composent. De langues psychanalytiques multiples nous sommes passés à une seule langue : la langue d’orientation lacanienne qui traverse maintenant cette sorte de nouvel ensemble trans-national qu’est la NLS.
Toutes les séquences étaient enseignantes, mais ce qui a réellement changé c’est le fait que la passe est maintenant au centre de la NLS, c’était vraiment perceptible plus que d’habitude, cette fois-ci, m’a-t-il semblé. Il y a maintenant un centre de gravité, la passe et c’est ce qui donne à mon sens l’impression d’École que l’on ressent.
De surcroît le moment politique noué au forum qui s’est tenu la veille au soir a à mon sens modifié le sentiment « d’être ensemble », et rapproché encore chaque membre de la communauté NLS. Tous les collègues avec qui j’ai échangé m’ont parlé de ce qui se passait en France, Le Pen, l’extrême droite aux portes du pouvoir et surtout la haine. »

Susana Huler m’a écrit ce qui suit :
« The congress has been an encounter of the ways we live psychoanalysis and the ways we investigate its effects and developments. We have been able to enjoy ourselves (for instance with the marvelous wit of Jacques Alain Miller) and at the same time think seriously about our work. For me the punctuation of Pierre Gueguen was a particular epistemic moment: I liked very much his use of the concept of real unconscious in the psychosis. »

Voici ce qu’en pense Anna Pigkou :
« Animé par le désir de Lilia Mahjoub d’accueillir chaleureusement la NLS dans la ville de Lacan et la volonté des Forums d’ouvrir la conversation sur « lm-monde », le congrès 2017 « Autour de l’inconscient » restera dans nos esprits comme la ponctuation épistémique nécessaire nous permettant de mieux affronter les divers enjeux cliniques et politiques qui font le quotidien des pays de notre École. »
Oui, ce Congrès fut réussi. Très réussi. Tant sur le plan épistémique que sur le plan de la convivialité. Ce fut une Rencontre. Un belle rencontre.

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