Symptômes et délires du monde

Édito, Hebdo Blog 89

Résonances

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« Si les grands romanciers sont supportables, c’est pour autant que tout ce qu’ils s’appliquent à nous montrer trouve son sens, non pas du tout symboliquement, non pas allégoriquement, mais par ce qu’ils font retentir à distance »1 dit Lacan.
Au-delà de l’agencement des mots, du style, des personnages, le sens d’un roman, pour qu’il soit bon, a à retentir. Au-delà de la lumière, du cadre, du son, du corps et du jeu des comédiens, un film de qualité offre à entendre un au-delà qui nous réveille.
Autant dire que la musique du sens a à continuer de sonner puissamment à nos oreilles pour que les résonances continuent de se décliner. Infinies, les répercussions du sens d’une œuvre sont aussi imprévisibles.

En nous livrant leurs coups de cœur pour un livre ou un film, les auteurs de cette semaine se font passeur de ces résonances.
Et à bien y regarder, la moisson de l’Hebdo Blog pourrait nous éclairer sur deux aspects : d’une part, qu’est-ce que Juste la fin du monde de Xavier Dolan « fait retentir à distance » ? Quel est le sens au-delà du « tas de petits traits sensibles du réel qui ne veulent rien dire » 2 dans le livre La moustache ?
Mais aussi : qu’est-ce qui a percuté Marie-Agnès Macaire dans sa lecture du livre de Philippe Lacadée François Augiéras : l’homme solitaire et la voie du réel ? Quel aspect de L’envers de la biopolitique d’Eric Laurent a poussé Pascal Simonet à prendre la plume ? Qu’est-ce qui a fasciné René Fiori dans L’œil de la poupée d’Irina Ionesco ? Et qu’est-ce qui a attrapé Yann Le Fur lors de la projection de Night Call ?
C’est ce que Dalila Arpin nous confie : dans ces couples d’artistes qui l’ont inspirée résonnent quelques-unes des notes de sa propre histoire.

 1- Lacan J., Le Séminaire, livre IV, La relation d’objet, Editions du Seuil, 1994, p. 145.

2- Ibid.,

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