Identités précaires au XIXème siècle, présence de l'analyste

Événements, Hebdo Blog 01

Le CPCT-Paris invite, le 13 septembre, le CPCT-Bruxelles (1)

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ECF-Blog hebdo : Comment vous est venue l’idée de ce thème-là, particulier, pour cette journée de travail ?

Monique Kusnierek : Elle nous est venue dans le fil de la récente législation de la psychothérapie en Belgique, par rapport à laquelle il nous faut faire valoir ce qu’il en est, au CPCT en l’occurrence, de la psychanalyse appliquée à la thérapeutique. Cette journée sera l’occasion de tenter de le préciser et de le soumettre au contrôle de notre communauté.

ECF-Bh : L’opération en jeu dans le titre de cette journée est- elle, selon vous, conditionnée par la particularité du dispositif CPCT ?

MK : L’opération en jeu est sans doute limitée par le dispositif CPCT, mais ce n’est pas celui-ci qui la conditionne. Rien à voir, en tout cas, entre le dispositif CPCT et ce que l’on appelle « le cadre » à l’IPA.

Elle nécessite, par contre, un praticien qui sache, d’expérience personnelle, ce que sont l’ouverture et la fermeture de l’inconscient, pour le cas où ça ne demande qu’à s’ouvrir, mais qui sache aussi garder cette porte fermée, au cas où ça s’impose, soit un praticien qui sache se prêter à de multiples usages, se faire objet multifonctionnel[1], comme le disait Jacques-Alain Miller il y a une quinzaine d’années.

Rien de très différent donc de ce qui se passe dans la pratique privée.

ECF-Bh : Comment articuleriez-vous la question de l’acte avec la temporalité particulière des traitements du CPCT ? Cette temporalité resserrée modifie-t-elle selon vous le statut de l’acte analytique en jeu ?

MK : Il est fait, au CPCT, un usage de courte durée, ou de durée limitée, de l’objet-praticien. Cette donne a son importance, non pas tant pour le praticien qui s’y prête – ni du fait du dispositif –, que pour le patient lui-même. Bon nombre d’entre eux consultent au CPCT parce que la durée, justement, y est limitée. C’était le cas, par exemple, de ce patient qui ne voulait que passer au CPCT, comme il ne pouvait, par ailleurs, envisager de travailler que sous contrat à durée déterminée, sous peine d’être envahi par une angoisse massive. Les raisons de la limitation de l’engagement dans le temps étaient donc bel et bien de son côté, mais la lecture de ces raisons et leur prise en compte étaient du nôtre, par contre.

Cette temporalité resserrée ne modifie donc pas le statut de l’acte, mais celui-ci consiste plutôt à s’en servir, et il faut bien dire que cet usage répond à notre modernité. Il arrive toutefois que cet usage se poursuive sur le mode longue durée, mais dans ce cas c’est hors CPCT.

 

[1] Miller J.-A., « Les contre-indications au traitement psychanalytique », Mental, n° 5, juillet 1998, p. 14.

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