Identités précaires au XIXème siècle, présence de l'analyste

CPCT, Hebdo Blog 117

Implications politiques aux 10 ans du CPCT Aquitaine

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« La psychanalyse et les nouveaux malaises », tel fut le thème des 10 ans du CPCT Aquitaine. Freud, lit-on dans l’argument de cette journée, « a mis en évidence les ressorts du malaise dans la civilisation, toujours évolutif, qui confère aux difficultés de chacun des formes nouvelles, voire surprenantes ».

Le pari des CPCT, c’est que les sujets qui s’y rendent puissent y rencontrer, nous rappelle Clotilde Leguil1, un « discours qui donne une valeur à ce qui ne va pas et ne cherche pas à le faire disparaître ou à en retirer une jouissance ».

En ce sens, le CPCT est « un lieu dans la cité qui fait une place au « hors du commun » »2. Les CPCT sont concernés et concernent la cité. Entendons la « cité » comme une ville en tant que corps politique constituée par les citoyens d’une ville. Entendons « politique » au sens d’Aristote. Les habitants d’une ville sont les parties d’un tout, de ce tout qui est une ville, un corps politique. Ses interactions forment un corps, avec plus ou moins d’harmonie.

Ne rien vouloir savoir de ce tout que chaque membre de la cité constitue, c’est fermer les yeux sur la part politique de l’essence de chaque individu. La conception aristotélicienne de la politique qui conçoit l’homme comme un zoon politicon, un animal politique, dont les liens avec l’Etat sont constitutifs de son essence, est, à ce titre, intemporelle. Si les CPCT ne cessent de viser à inscrire la psychanalyse dans la cité, alors cette action ne peut se faire seul. Précisons que cette inscription n’a rien de définitif, c’est une inscription intermittente. Elle est à reconsidérer régulièrement.

Les 10 ans du CPCT Aquitaine, qui eurent lieu au Château du Diable, à Cenon (Cenon est une commune de la métropole bordelaise qui vit naître la 1ère antenne du CPCT Aquitaine il y a 10 ans), attestent de cette inscription – sans cesse à renouveler – portée par quelques-uns : les initiateurs, les organisateurs, les intervenants, l’invitée des 10 ans, Clotilde Leguil, et les invités politiques. Ces derniers ont répondu présent. Pas seulement avec leurs corps. Ils étaient concernés. Les demandes qui leur avaient été adressées les avaient questionnés. La question, lorsqu’elle est prise telle quelle, ouvre une brèche, pour un temps, fut-elle de quelques heures.

Alexandra Siarri, adjointe au maire de Bordeaux, en charge de la cohésion sociale et territoriale, qui est intervenue au Forum SCALP en avril dernier à Bordeaux, s’est emparée de la question du thème de la Journée pour en formuler d’autres, se demandant pourquoi les psychanalystes avaient-ils besoin de la parole des élus pour parler des nouveaux malaises. La question était posée et elle a fait des vagues. Par chance.

Puis A.Siarri avança que quand on se refuse à entrer dans la complexité, on ressent plus fortement les malaises : une idée forte qui fustige toute tentative de simplification de langage et de pensée avec laquelle les politiques ont la vie dure. A.Siarri s’attacha ensuite à décrire quelques-unes des sources de ces malaises (la finitude, la notion de travail et d’activité, la question de l’identité…) et cela était empreint du souci porté aux individus, aux parties du tout, du corps politique.

Alain David, ancien maire de Cenon et député, Sophie Buffeteau, directrice régionale du droits des femmes et à l’égalité, Brigitte Collet, adjointe au maire de Bordeaux, chargée de la petite enfance et de la famille, Sébastien Saint-Pasteur, conseiller départemental, délégué à l’économie sociale et solidaire et à l’innovation sociale, ont tous témoigné de leur souci pour la question des nouveaux malaises et l’existence du CPCT Aquitaine. Ils étaient concernés et, par là-même, un peu dérangés dans leur langue. Point de langue politicienne. Mais une question politique, restée ouverte, en suspens.

1 Leguil C., « Rencontrer la psychanalyse à l’époque du moi mondialisé », conférence prononcée lors des 10 ans du CPCT Aquitaine, le 30/09/17. A lire dans le numéro de l’Hebdo Blog.

2 Ibid.

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