Identités précaires au XIXème siècle, présence de l'analyste

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Fête de lalangue

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C’était le 27 septembre dernier, le jour de la fête de la communauté française en Belgique. Quoi de mieux pour accueillir chaleureusement à Tournai, première capitale du royaume Franc (ça c’est juste pour le rappel historique), Monique Amirault qui ne voulait pas faire conférence mais conversation et qui, dans son style à elle, en toute simplicité et avec rigueur, a répondu à nos questions sur le travail de Gaston Chaissac, ce « bricoleur de réel » et « épistolier ».

Nous étions plusieurs de Bruxelles, Mons, Lille et Tournai, à avoir préparé pendant quelques semaines cette soirée de l’ACF-Belgique, en vue des prochaines journées de l’ECF qui se tiendront à Paris en novembre prochain, « Apprendre, désir ou dressage ».

Et le public a répondu présent. Alors que nous vivons à l’heure de la folie suicidaire de la logique managériale dans tous les domaines qui concernent l’être humain dans ce qu’il a de plus trumain, la lecture du livre de Monique Amirault, les écrits de Chaissac, ses bricolages à partir de débritus, loin des autres, loin de l’Autre, de ses préceptes annihilant, nous renforcent s’il le fallait dans l’orientation choisie de défendre le plus irréductible, le plus singulier, hors-normes de chacun.
Chaissac qui aurait pu céder à la jouissance de l’Autre en se faisant valet de ferme, voire cheval ou mouche pour un maître sans foi ni loi, s’en est écarté. Il a choisi de manière déterminée de ne pas se faire objet mais de rassembler des objets, des morceaux d’objets qui ne servent plus à rien, pour inventer de l’inécrit. Et encore, sans penser, sans mentalité, sans savoir ce qu’il faisait, sans savoir ce que cela donnerait et si cela allait intéresser. Ces inventions sont autant des bricolages de mots que des bricolages de choses.

Chaissac ne s’encombre pas, c’est vital pour lui d’inventer des mots et des choses. Il préfère être chaste et malade pour tenir. Ces inventions qui se passent du sens, de toute forme d’apprentissage lui permettent d’exister.
Chaissac n’a pas appris mais il a enrichi la langue française et le champ de l’art. Il nous propose, comme Lacan, de faire comme lui, de ne pas l’imiter. C’est une leçon sur ce qui fait sinthome pour chacun.
Merci beaucoup à Monique Amirault et à celles et ceux qui nous ont accompagnés sur cette voie, sinthomatique et hérétique, qui donne du peps.

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