Numero 135

A la une, Hebdo Blog 132

Entretien avec Anna Aromi et Xavier Esqué

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La question des psychoses est loin d’être nouvelle dans nos congrès, et pourtant Barcelone parvient à lui donner un joyeux air de nouveauté. Comment avez-vous fait ?

Le thème des psychoses dans l’Orientation lacanienne est un classique. Mais s’il y a un air de nouveauté autour du XIe Congrès – et il en va ainsi depuis le début – c’est parce que les psychoses ordinaires ne se laissent pas attraper si facilement. Qu’elles ne soient pas une catégorie clinique n’est pas pour nous une proposition, un desideratum : c’est un constat issu de notre pratique clinique de tous les jours. Et c’est sur cette question, en tant que Directeurs du Congrès, que nous avons choisi d’intervenir. D’autre part, la joie est toujours une question si mystérieuse…

Folie et psychose…nous parvenons depuis peu à les différencier. Pensez-vous que le Congrès de Barcelone va encore avancer sur ce point ?

Mais nous en sommes convaincus ! Il y a plus. Nous pensons que c’est par le fait même de soutenir ce point d’ignorance, de recherche permanente sur ce que nous faisons, que ce mystère de la joie pourrait se présentifier.

Prendre au sérieux le dire de Lacan selon lequel « tout le monde est fou » a permis à Jacques-Alain Miller de jeter les bases de ce qui serait une clinique orientée par la notion de forclusion généralisée. Comment penser alors, à nouveaux frais, celle de déclenchement ?

Nous avons signalé ce point comme étant l’un des enjeux pour les avancées que nous souhaitons que produise le Congrès de Barcelone. La richesse clinique des travaux que nous écouterons nous donnera l’occasion d’avancer sur ces points, avec une clinique différentielle des ruptures, des déchaînements et des débranchements au cas par cas.

Du mystère du corps parlant, thème de Rio, à celui-ci sur les psychoses, quel lien faites-vous ?

Bien qu’il pourrait sembler de prime abord qu’il s’agit là de thèmes séparés, ce n’est pourtant pas le cas. Nous pourrions tisser différentes lignes d’argumentation, et certains travaux de collègues de l’AMP pourraient se lire sur le web, mais la ligne la plus intéressante nous paraît incluse dans le titre même du Congrès. C’est la question du transfert. Si la psychanalyse parvient à faire circuler les signifiants d’un côté à l’autre du monde ce n’est pas pour une autre raison que pour ce mystère du corps parlant, que nous nommons transfert.

Merci pour vos questions, chers amis de L’Hebdo-Blog. À très bientôt à Barcelone !

Traduit de l’espagnol par Jean-François Lebrun

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