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Édito, Hebdo Blog 81

Ce subtil attelage du transfert et du temps

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Devant le piétinement de cette cure qui s’étirait péniblement depuis quatre ans, sans avancée notoire, Freud décida de fixer un terme à l’analyse, manœuvre inouïe qui permit de lever les résistances et que le matériel infantile soit mis au jour durant les six derniers mois. Si l’Homme aux loups dut pourtant refaire quelques tours en analyse, on aperçoit du moins que dès les débuts de sa pratique, Freud a saisi à quel point l’un des leviers majeurs de la cure analytique se loge dans la question du temps. Ce n’est pas sans raison que Lacan fut exclu de l’IPA en partie à cause de sa pratique des séances à durée variable, et que sa logification en trois moments qui mènent à la sortie est un appareil à penser et agir si efficace.

Et pourtant.

On pourra toujours tenter de couper une séance au bout de quinze minutes, déloger un patient de son ronronnement, ou lui demander de passer à deux ou trois entretiens par semaine : si le sujet ne vient pas se rencontrer à travers celui qu’il dote d’un savoir sur ce qui cause son symptôme, s’il ne s’adonne pas à cet eros tout à fait spécial dont il s’agit d’être averti, comment pourrait-on même imaginer avoir affaire à l’inconscient et à une pratique véritablement analytique ?

C’est pourquoi ce numéro est tout entier consacré à la notion du transfert au CPCT en cela qu’elle donne à voir comme le cœur de ce qui fait notre clinique. Voilà bien les deux leviers majeurs de l’analyste dans un tel cadre : un nombre restreint de séances, un temps compté, minuté, pour trouver à faire dire, faire entendre et resserrer les signifiants majeurs, sur ou contre lesquels s’est construit un sujet. Que le temps soit compté, que le terme soit d’emblée fixé a-t-il un effet sur l’instauration du transfert ? Que ce nœud se défasse au bout de 16 séances facilite-t-il le travail du duo analysant/analyste en l’allégeant ou le rend-il plus compliqué ? Ce sont toutes ces questions que le CPCT Paris mettra au travail lors de sa journée du 1er octobre, « L’inconscient éclair »[1]Elles sont également au cœur des cas que les praticiens de plusieurs CPCT de France vous présentent aujourd’hui, et qui bruissent de la diversité de notre pratique certes, mais toutes orientées par cet attelage si subtil et nécessaire du transfert et du temps.

[1] Journée à laquelle vous pouvez vous inscrire ici http://cpct-paris.fr/actu.php

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