Pourquoi la haine ?

Archives des Journées, Hebdo Blog 09

3001 rencontres

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1001 mères, 3001 rencontres. Voici ce qui m’est venu à la fin de ces 44es Journées de l’École de la Cause freudienne. Je fais le pari que chacun des 3000 et quelques participants a fait au moins une rencontre avec l’un ou l’autre dire qu’il a entendu pendant ces deux jours. Cela m’a frappé plus que jamais, les gens étaient dans les salles plus que dans les couloirs, du début jusqu’à la fin.

Il faut dire que le thème, même s’il a pu paraître au départ une antienne de la psychanalyse, a été exploré de telle sorte par Christiane Alberti et ceux avec qui elle a conçu ces Journées qu’il en est devenu absolument moderne, de plain pied dans le XXIe siècle. Les mères dont on nous a parlé, une par une, sont résolument lacaniennes, autant femmes que mères.

Il y a tellement de choses à dire, mais je dois bien faire quelques choix. Les travaux mis en série dans les salles simultanées avaient été choisis avec soin et pertinence. Un fil, celui du « trou », a pu se tisser par exemple lors d’une simultanée qui concernait le corps sollicité par la maternité. Le « trou dans le corps » s’est ainsi décliné dans les différents textes : qu’il s’agisse du trou réel dans lequel tombe le sujet après avoir recouru à l’IVG, du trou habité par le fantasme au point qu’il devienne une boule pleine qui fait peur, indice d’une jouissance Autre, ou encore du trou vide du pois de Yayoi Kusama, artiste japonaise qui tente d’inscrire la barre subjective par sa pratique artistique opérant un effacement, une « oblitération de soi ». Le gain de savoir était au rendez-vous.

Quand il m’a été demandé d’écrire ces quelques lignes, tout de suite après les Journées, j’ai décidé de prendre des notes. Et je l’ai fait pendant tout un temps le samedi, et aussi une partie du dimanche. Par contre, la plume m’est tombée des mains quand Christophe Honoré a commencé à parler de ses films, des mères de ses films, finement mises en série par Marie-Hélène Brousse et Christiane Alberti : la mère absente à son enfant, la mère selon Bataille, la désinvolte, celle qui s’adresse à la science pour avoir l’enfant impossible, et enfin le lien en même temps si dur et si délicat entre une mère et sa fille. Quelle sensibilité ! Christophe Honoré nous a offert sa division avec une humilité et une authenticité remarquables !

Pour terminer, j’ai trouvé superbe cette phrase conclusive de Mariana Otero : « Je voulais montrer ma mère, et ma mère, c’est une absence. » Sa mère à elle, c’est cette absence. Un bien dire…

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